Vie en région: quand l’appel du large te mène à bon port

Par / 3 juillet 2018 / À coeur ouvert /

Vous est-il arrivé de vouloir tout quitter pour suivre un courant différent, un chemin qui vous ressemble davantage? Ça m’est tombé dessus, pour de bon en 2008. Irréversiblement. Ce besoin profond de m’ancrer s’est indéniablement transformé en élan. Un vent de changement s’est levé et on a mis les voiles. Voici notre traversée, celle de mon partenaire de vie et moi, qui nous a mené à bon port. À bâbord toute, cap sur Kamouraska et la vie en région!

Métro, boulot, dodo

Pierre-Guy et moi nous sommes rencontrés à Montréal. Lui de la Montérégie, moi Gaspésienne pure laine. On s’est «casé» comme on dit. Nouvellement proprios d’un condo, nos carrières allaient bon train et les salaires s’avéraient généreux. Métro. Boulot. Dodo. Après quatorze ans à travailler comme graphiste, je commençais à m’ennuyer derrière mon écran. Le jour de la marmotte. Métro. Boulot. Dodo. Smog… Bruit… Ma carence en air salin se faisait sentir. L’immensité de ma Baie-des-Chaleurs me manquait. La simplicité de la vie en région aussi. Un poids, une asphyxie, un mur. Le vide. J’en ai eu marre. J’me barre.

Besoin de prendre le large

Alors débutent, solitairement d’abord (mon chum à été plus dur à convaincre…), mes démarches de migration. Certaine de ma lancée, je ne sais juste pas quand ni me mènera ce grand changement. Le Bas-du-Fleuve me semble un bon compromis entre la sécurité de la ville (amis, belle-famille), mon besoin de me rapprocher de ma famille et celui de retrouver les grands espaces. Aux grands mots les grands moyens, je tape sur mon clavier «vivre en région». Résultats de ma recherche: séjours exploratoires de Place aux jeunes en région, une organisation favorisant la migration des jeunes de 18 à 35 ans. Ils offrent des weekends découverte. Bingo! Même mon chum se laisse entraîner! Janvier et mars 2009, on participe à deux fins de semaine dans la région de Rivière-du-Loup. Opération séduction réussie, on embarque à bord!

Tout va bien. Pierre-Guy et moi avons des opportunités d’emploi dans nos domaines respectifs dans la région. Notre condo à Montréal est en processus de location et j’entreprends une formation en démarrage d’entreprise (au cas où je voudrais me lancer à mon compte). Tout se place. Enfin, presque. Quelque chose accroche encore… Un besoin de liberté plus grand se fait sentir, la cherche d’un nouveau défi à relever, le besoin de faire autre chose, d’être ailleurs… la peur de retourner dans ses vieilles bottines. C’est ainsi que se présente cette belle synchronicité: la savonnerie Quai des Bulles de Kamouraska cherche relève.

Larguer les amarres

Par l’entremise d’amis, installés à Kamouraska depuis peu, nous sommes informés que le Quai des Bulles désire passer le flambeau. Cette savonnerie, nous la connaissions déjà, puisque nous employons ses produits (nos savons préférés: tilleul et cèdre bleu). Nos amis insistent un peu… On trouve l’idée un peu futile et irrationnelle, voire insensée. Moi, entrepreneure? Pierre-Guy, une savonnerie?! On essaie d’étouffer l’affaire. En vainc. Chacun de notre côté, on rêvasse à cette opportunité. Ce projet, aussi fou qu’il puisse être, rejoint mon esprit créatif et artistique, mon intérêt (et mon besoin) pour le travail manuel, en plus de proposer des produits qui font du bien aux autres (prendre soin). Quant à PG, c’est l’occasion pour lui de mettre à profit ses intérêts et compétences pour la logistique, l’amélioration continue des processus et l’administration. On fini par se l’avouer mutuellement: pas game?

N’en fallait pas plus. En avril 2009, on communique avec les propriétaires et fondateurs du Quai des Bulles, Céline et Michel. Juste pour voir… Le contact se fait bien et le courant est bon entre nous! Le projet est possible. On fait les démarches d’acquisition, voit au processus de transfert et établissons un plan pour la transmission des connaissances (fabrication des produits). On jette l’ancre! Les créateurs de la savonnerie ont allumé la flamme, nous avons repris le flambeau. La relève d’entreprise se fait avec succès! Ce qui nous vaudra le 1er prix de la relève d’entreprise au Concours québécois en entreprenariat, section Bas-St-Laurent, en 2010.

Été 2009

Le vent dans les voiles

Après neuf années au Kamouraska, la naissance de deux magnifiques filles et l’enracinement de notre nid, on peut dire qu’on a le vent dans les voiles! Nous avons la chance de guider une belle entreprise qui prend de l’expansion d’année en année, d’être accompagnés d’une fabuleuse équipe et d’avoir une clientèle qui nous est fidèle, et ce même avant notre arrivée.

La vie en région nous offre de belles opportunités. On y fait de belles rencontres, on se lie d’amitiés nouvelles, on découvre de nombreux produits régionaux faits par de talentueux artisans. On profite de l’air pur, des grands espaces et du plein air.

Nous sommes également heureux d’exercer une certaine influence, comme d’autres ont eu sur nous. S’établir en région, c’est possible. Bungeeee! que je me plais à dire. Faire le grand saut occasionne un vertige palpable, des peurs et de l’insécurité, tout en apportant un challenge incroyable, rempli de défis. Comme quoi le manque et le vide peuvent être porteurs de changement positif. Permettez-vous la vie que vous souhaitez, elle sera bonne pour vous. Et ce, peu importe la région du monde.

Pour faire le saut, Place aux jeunes en région! Ou appelez-nous, on se piquera une jasette devant une bonne bière à la Tête d’allumette 😉

Bungeeee! 😉

Article du journal Le Placoteux

 


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